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Klio

Beiträge zur Alten Geschichte

Ed. by Clauss, Manfred / Funke, Peter / Gehrke, Hans-Joachim / Mann, Christian

Together with Brandt, Hartwin / Jehne, Martin


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2192-7669
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Volume 101, Issue 1

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C.-G. Alexandrescu – C. Gugl – B. Kainrath (Hgg.), Troesmis I, Die Forschungen von 2010–2014, Cluj-Napoca (Mega Verlag) 2016, 554 S., 110 Taf., ISBN 978-606-543-749-4 (geb.), € 99,–

Yann Le Bohec
Published Online: 2019-06-05 | DOI: https://doi.org/10.1515/klio-2019-0013

Reviewed publication

Alexandrescu C.-G. Gugl C. Kainrath B. Troesmis I, Die Forschungen von 2010–2014 110 Taf. Mega Verlag Cluj-Napoca 1 554 2016 978-606-543-749-4 (geb.) € 99,–

Cet ouvrage peut être proposé comme modèle aux jeunes chercheurs débutants; ils y verront comment il convient de publier des résultats de fouilles. Sa première qualité est d’avoir été écrit par des auteurs très compétents (outre les éditeurs, on citera par exemple W. Eck pour l’épigraphie). Il est ensuite très complet, comme on le verra. Il est enfin très bien illustré, avec beaucoup de documents en couleurs, des photographies et même des photographies aériennes, des plans et des cartes.

Aujourd’hui appelée Iglita, et située en Roumanie, sur le Danube, à une centaine de kilomètres de la mer Noire, Troesmis se trouvait dans la province de Mésie Inférieure. Pour mieux le connaître, les auteurs de ce livre ont utilisé la prospection géophysique (80) et la recherche archéométrique (87), et ils ont refait l’historiographie du site en partant du milieu du XIXe siècle, et ils rappellent que les enquêtes actuelles doivent beaucoup à A. Baudry. Dans le passé, deux établissements avaient été identifiés, l’établissement de l’est (tardif) et de l’ouest (encore plus récent). Auparavant, ils avaient élaboré une étude géographique (15–28).

Les recherches qui sont présentées dans ce livre ont donné un premier résultat non négligeable, en établissant tout d’abord que le site avait été occupé à l’époque hellénistique; malheureusement, il en reste peu de traces, surtout de la céramique. L’évidence est plus abondante pour les siècles suivants, et les descriptions concernent un établissement oriental, un établissement occidental et un camp du Haut-Empire, avec l’agglomération civile qui lui était liée.

L’établissement oriental (89–127) était en fait un camp légionnaire de l’Antiquité Tardive, construit pour abriter une légion, soit la legio IIa Herculia, soit la legio Ia Iovia; il est difficile de le préciser. Il a été possible de décrire une partie de la courtine et des tours, ainsi qu’un bastion extérieur. En outre, les principia ont été identifiés, ainsi que trois églises établies à l’intérieur de l’enceinte.

L’établissement occidental (129–150) date, lui, de l’époque byzantine. Il est peu visible, et les chercheurs ont surtout mis en évidence l’emplacement du rempart médiéval; pour la commodité de la fouille et de sa description, l’ensemble du site a été réparti en dix secteurs. Des tuiles estampillées au nom de la legio V a Macedonica y ont été trouvées; elles prouvent simplement un remploi.

L’élément le plus intéressant, car il est le plus original, est constitué par le camp du Haut-Empire, conçu pour une légion (151–195), et c’est la Ve Macédonique, déjà citée, qui l’a occupé. Il est plutôt rare qu’on trouve un camp de légion, c’est dire l’importance de ce travail. Il est vrai que les restes sont peu impressionnants. Les auteurs ont repéré une partie du rempart et trois portes, la prétorienne et les deux principales, ainsi que des rues et des constructions mal définies. Quelques gros murs ont été identifiés jadis avec des thermes, des soi-disant thermes disent les auteurs de ce livre, à raison.

Comme toujours, le camp était accompagné par une agglomération civile. Dans le cas de Troesmis, les habitants s’étaient divisés en deux groupes, l’un établi au nord-est et l’autre au nord-ouest du camp. Au-delà, vers le nord-est, une nécropole a été repérée; elle couvrait une superficie d’environ 32 hectares.

Une partie importante du livre est consacrée à un catalogue des objets découverts sur le site entre 2010 et 2014 (197–334). Cette partie est divisée en deux sous-parties, d’abord une présentation (197–248) puis le catalogue proprement dit (248–334). Le plus intéressant est incontestablement constitué par la céramique, présente depuis l’époque hellénistique jusqu’au Moyen Âge. Pour l’époque impériale, elle est composée de sigillée orientale A, B et C, de gauloise et d’africaine; mais les fragments étudiés partent des temps hellénistiques et ils vont jusqu’à l’époque byzantine. On y a trouvé surtout de la vaisselle, et aussi des amphores et des lampes; le catalogue est accompagné par 78 planches. Le reste du matériel comprend du verre, des monnaies et des tuiles estampillées; pour ces dernières, la legio V a Macedonica, la XI a Claudia et la classis Flavia Moesica se partagent les documents (147).

Suivent quatre problèmes (445–482): 1. Où se trouvait l’amphithéâtre? Question encore sans réponse. 2. Quelle était la composition du réseau routier? Leur modestie empêche les auteurs de dire qu’ils ont identifié une partie du réseau. 3. Quelle était la signification (et sans doute la chronologie) des sépultures-tumulus? Et enfin – 4. Comment le camp et son agglomération étaient-ils approvisionnés en eau? Un aqueduc apporte une réponse partielle à la question.

Le dernier chapitre, confié à W. Eck, n’est pas le moins intéressant (483–514). Il fait connaître la lex municipalis de Troesmis, ou du moins une partie de cette loi. Deux plaques de bronze portent ce texte, qui est restitué et commenté (495–496). Ce morceau recoupe la fameuse lex Irnitana; il est donc possible de deviner comment les habitants de ce site étaient organisés, sans doute en municipe.

“Troesmis I” fait espérer un “Troesmis II”, et peut-être même d’autres suites. Nous les attendons avec impatience; il paraît inutile de répéter ici les mérites des auteurs et contributeurs de cet excellent ouvrage.

About the article

Published Online: 2019-06-05

Published in Print: 2019-06-01


Citation Information: Klio, Volume 101, Issue 1, Pages 339–341, ISSN (Online) 2192-7669, ISSN (Print) 0075-6334, DOI: https://doi.org/10.1515/klio-2019-0013.

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